dimanche 20 mai 2012

Cette expérience pédagogique est maintenant terminée, du moins dans sa phase formelle. Les étudiantes et le caméraman sont évidemment libres de continuer à bloguer sur le sujet de leur choix. Si la lectrice ou le lecteur désire les voir continuer elle ou il pourrait le faire dans les commentaires sous ce billet. Aussi, il est possible de faire des remarques sur l'expérience en soi. 

 Les professeurs

jeudi 17 mai 2012

L'engagement des étudiantes...


Une toute petite demande...

Avant de clore le cours, nous souhaiterions obtenir une copie de votre blogue. C’est possible de le faire dans Blogger. Le résultat va vous sembler peut-être étrange : un fichier .xml

Le chemin pour produire le fichier est : Paramètres / Autres /.  Dans le haut de la page, on trouve les Outils du blogue et sous ce sous-titre il y a l’hyperlien Exporter le blogue. En cliquant sur cet hyperlien, Blogger va générer un fichier xxxxxx.xml. Nous aimerions que vous renommiez ce fichier avec votre nom et prénom (i.e. pierrette_lacasse.xml) et que vous le fassiez parvenir à Simon (simon.gingras@uhearst.ca)

Nous vous remercions de votre collaboration !

Les professeurs (agrégateurs)

mercredi 16 mai 2012

La solution ultime?


«Whoever has a bit of plain common sense in the upper part of his body does not need a degree, nor a few capital letters behind his name, to understand that the present state of universal disorientation and unrest in all spheres of human activities – added to the horrible mess of war, greed, hatred, poverty, slums, disease, pollution and so forth that has been left by previous generations – constitutes the most evident proof that we are all carried away on the wrong track, by conductors who have lost their way and do not know where the heck they are going.

But day after day, through the means of vast media of information, all the passengers on the big train are being told that things are slowly but gradually improving, and that the right course should soon be found.

However, facts are facts, and the facts are that the past few decades have been the most prosperous as well as the most violent in the history of our planet, that internal disorders and international complications have never been so chaotic as they are today, and that the human minds and hearts have never as yet been so filled up with half-truths and with so much confusion, anxiety, fear, and despair». 

Armand Côté

* Ce texte a été écrit dans les années 1970 par un résident de Hearst aujourd'hui décédé. 

mardi 15 mai 2012

Encore un peu de matière à réflexion...

Je souhaite vous présenter un extrait d'un livre de Jean Bédard, La valse des immortels, Éditions de l'Hexagone, 1999, p. 15-16. Voici ce que dit un personnage dès les premières pages du roman.


Ah! je me rappelle. J'étais professeur, du latin profiteri qui signifie « dé-clarer », pour défaire, clarer pour limpide. J'avais donc pour tâche de brouiller le limpide comme le vent brouille la clarté de l'eau. En effet, si l'eau reste parfaitement claire, personne ne peut la voir, mais si d'un bâton on l'agite, tout le monde peut l'apercevoir. [...] Aussi le principe premier de la connaissance consiste à troubler l'intelligence par des questions qui remettent en question les évidences.

J'aimais mon métier, le métier de Socrate et de Platon, le métier d'accoucheur d'âmes, l'art de troubler ce qui apparaît clair. La musique trouble le silence, le vitrail trouble la lumière, le professeur trouble l'esprit.

La grande transition...

Mercredi matin, nous discuterons d'une suggestion parmi d'autres qui nous propose une transformation de notre civilisation dans le but de permettre une transition saine et sans violence face aux défis à venir. En plus de nous permettre de survivre, cette transition mènera, selon les auteurs, à une société plus juste et plus heureuse. On rêve d'utopie...

La proposition est présenté dans un document qui s'intitule The Great Transition (vous pouvez cliquer pour le consulter). Les auteurs sont la New Economics Foundation (NEF). Ce lien vous présente cette organisation.

Et voici le lien pour le power point.

Au plaisir de vous jaser demain

 

Marc

 

 

 

Références utiles pour penser la décroissance

Voici une liste des principaux sites consultés pour préparer la présentation de type Prezi de ce matin (voir le billet précédent).

  • Revue Entropia (Revue d'étude théorique et politique de la décroissance), depuis l'automne 2006: http://www.entropia-la-revue.org/
  • Revue La décroissance (le mensuel des objecteurs de croissance), depuis mars 2004: http://www.ladecroissance.net/
  • Low-tech Magazine. Doubts on Progress and Technology http://www.lowtechmagazine.com/
  • NEF (The New Economics Fondation). Economics as if People and the Planet Matters. http://www.neweconomics.org/
  • La revue Silence (Elle se veut un lien entre toutes celles et ceux qui pensent qu'aujourd'hui il est possible de vivre autrement sans accepter ce que les médias et le pouvoir nous présentent comme une fatalité.) http://www.revuesilence.net
  • Le  Collegium international est un groupe qui s’efforce de proposer des approches nouvelles et originales, capables de faire face à la crise qui menace la planète et les sociétés humaines, en interdépendance sans cesse croissante : http://www.collegium-international.org/
  • Post Carbon Institute (Founded in 2003, Post Carbon Institute is leading the transition to a more resilient, equitable, and sustainable world): http://www.postcarbon.org/
  • La Revue durable (revue franco-suisse indépendante, première revue de vulgarisation francophone sur tout ce qui touche à l'écologie et au développement durable) : http://www.larevuedurable.com/
  • Institut Momentum (L'Anthropocène et ses issues). Voir en particulier Le manifeste au lien suivant:  http://www.institutmomentum.org/2011/06/le-manifeste/

Survivre au progrès par la décroissance


Voici le document que nous avons utilisé dans le cours ce matin pour réfléchir à la notion de «décolonisation de l'imaginaire» et pour explorer le concept de décroissance...


L'écofascisme

Un spectre hante l'écologie politique. En effet, l'urgence d'agir peut provoquer toutes sortes de réactions : repli sur soi, action politique, etc. Une minorité d'écologistes croit que l'être humain contemporain ne voudra jamais changer et qu'il faudra imposer politiquement les normes à suivre pour que les écosystèmes puissent se regénérer. On a nommé cette possibilité l'écofascisme, un régime totalitaire qui écraserait les libertés des êtres humains. Est-ce que l'écofascisme est une vue de l'esprit? Non, si l'on se fit à l'existence d'un parti libertarien national-socialiste vert aux États-Unis. Il ne faut pas écarter cette horreur politique. Aussi, il faut se souvenir que l'Allemagne Nazi avait également une sensibilité écologique...  

Vous me demanderez ce que je pense d'une telle possibilité. Je répondrai qu'entre un totalitarisme vert liberticide et un mur entropique je pencherais presque pour le mur entropique. Ceci dit, je préfère miser sur une société qui choisit librement d'habiter sa planète de manière néguentropique.


Simon

Être technophile ou technophobe ?

Un des moteurs du progrès est l'utilisation de la technologie. Il y a bien évidemment différentes perspectives dans le rapport dialectique entre technologies (les philosophes parleront de la technique) et progrès. Dans la recherche de solutions dans le problème soulevé par le progrès la question de la technologie me semble centrale. Pour traiter du rapport entre technologie et progrès, j'exposerai dans cet exercice deux visions technophiles et deux visions technophobes. J'exposerai en troisième lieu un point de vue mitoyen pour terminer sur quelques questions fondamentales par rapport aux technologies.

1.1 La technophilie

La technophilie est présente de manière implicite, c'est un peu la norme sociétale actuelle, et de manière explicite. La première attitude que je nommerai technophilie néolibérale avance que le marché va développer les technologies qui vont permettre de nettoyer l'environnement ou encore de trouver une source d'énergie permettant de perpétuer le développement économique lorsque le pétrole aura atteint son pic de production ou encore lorsqu'il sera épuisé. Attitude naïve qui néglige bêtement le fait que le pétrole est la source la plus concentrée d'énergie à notre disposition. La deuxième attitude, l'hypertechnophilie, est représentée par la philosophie transhumaniste. Un des sous-courants transhumanistes croit, car ça relève bel et bien de la croyance, qu'une sorte de point Omega sera atteint bientôt : c'est la singularité technologique. À ce moment, une sorte de dieu numérique prendra en charge le fonctionnement de la société et grâce à son hyperintelligence artificielle sera en mesure de régler les problèmes de l'humanité. Tout en pensant que cette croyance est particulièrement farfelue, je crois que cette perspective proprement totalitaire est antiliberté et antihumaine.

1.2 La technophobie

La technophobie d'un autre côté implique une attitude de rejet par rapport aux technologies. Arne Naess,  philosophe norvégien, a proposé l'écologie profonde inspirée sur la philosophie romantique, et très critique de la technique, développée par le philosophe allemand Martin Heidegger, pour répondre à ce qu'il nomme l'écologie superficielle. En gros, l'écologie propose un rejet complet de la technologie, un retour à l'état de nature. Pour Naess, c'est la seule manière de pouvoir restaurer les écosystèmes. Une toute autre attitude est la fixation dans le temps qui est représenté par les Amish. Qu'ont fait les Amish au juste? Ils, probablement les hommes d'ailleurs, ont tout simplement décidés de ne pas progresser et de fixer leur mode de vie du 17e siècle. Ils ont fixé dans le temps leur développement, leur progression sociale. Je crois que ces deux attitudes peuvent être attirantes, mais elles sont,  à mon avis, anti-sociales.

1.3 Entre la technophilie et la technophobie?

Il ne faut pas perdre de vue que la technologie est à quelque part une prolongation de possibilités de l'être humain. L'ordinateur comme extension de l'esprit et la pelle mécanique comme extension du bras. Or, cette technologie est énergivore, donc entropique (voir le billet sur ce sujet). Autrement dit, l'augmentation de la  puissance d'action de l'être humain dans le cadre de la civilisation thermo-industrielle pèse lourdement sur les écosystèmes. Ceci dit, faut-il adopter un point de vue technophobe? À mon avis, ce n'est pas souhaitable, voire même que c'est contre-productif. D'ailleurs, Murray Bookchin écrivait dans Une société à refaire que la technologie pouvait être utilisée de façon à renverser l'entropie, soit de manière néguentropique. Ainsi, l'énergie aurait le potentiel d'être créatrice plutôt que destructrice. Proposition difficilement imaginable, mais ô combien séduisante, surtout venant d'un écologiste libertaire - les écologistes ayant généralement tendance à être technophobes. Le défi est immense car il faut prendre un tournant vers la production et la consommation via le développement d'énergies vertes, vraiment vertes. Défi immense certes, mais je crois qu'il faut évaluer la technologie d'un point de vue rationnel plutôt qu'un point de vue émotif ou encore fantasmagorique.

1.4 Quelques questions fondamentales en guise de conclusion...

Jacques Ellul, dans Le bluff technologique, posait en 1988 plusieurs questions pertinentes. Elles restent toujours d'actualité puisqu'elles sont toujours sans réponse :

- [...] allons-nous nous adapter physiquement, socialement, intellectuellement,  à l'informatique?
- Allons-nous nous adapter moralement au génie génétique?
- Allons-nous continuer à pouvoir connaître comme l'humanité l'a fait depuis cinq cent milles ans?
- [Les environnementalistes] ont raison de souligner l'importance majeure de l'enjeu de la Nature, mais comment considérer le défi technologique?
- L'enjeu, c'est l'information et la désinformation par l'excès d'information, c'est l'incapacité des structures politiques ou administratives, des hommes politiques et des doctrines politiques à rendre compte de la réalité actuelle de la mutation technique : y aura-t-il encore une politique autre que la politique spectacle?
- Quelle est, maintenant, par rapport aux techniques, la frontière entre le décidable et l'indécidable?

Je laisse la lectrice ou le lecteur méditer sur ces questions qui m'apparaissent essentielles.

Simon

lundi 14 mai 2012

Pour en apprendre plus sur Serge Bouchard...

Ce matin, nous avons fait référence à la dernière publication de notre invité, Serge Bouchard. Voici la présentation qu'en fait sa maison d'édition.(N.B. Le livre est disponible en format papier ou en format électronique et vous pouvez en consulter quelques pages en cliquant sur le lien ci-dessous.)

C'était au temps des mammouths laineux

« Je suis un grand-père du temps des mammouths laineux, je suis d’une race lourde et lente, éteinte depuis longtemps. Et c’est miracle que je puisse encore parler la même langue que vous, apercevoir vos beaux yeux écarquillés et vos minois surpris, votre étonnement devant pareilles révélations. Cela a existé, un temps passé où rien ne se passait. Nous avons cheminé quand même à travers nos propres miroirs. Dans notre monde où l’imagerie était faible, l’imaginaire était puissant. Je me revois jeune, je revois le grand ciel bleu au-delà des réservoirs d’essence de la Shell, je me souviens de mon amour des orages et du vent, de mon amour des chiens, de la vie et de l’hiver. Et nous pensions alors que nos mains étaient faites pour prendre, que nos jambes étaient faites pour courir, que nos bouches étaient faites pour parler. Nous ne pouvions pas savoir que nous faisions fausse route et que l’avenir allait tout redresser. Sur les genoux de mon père, quand il prenait deux secondes pour se rassurer et s’assurer de notre existence, je regardais les volutes de fumée de sa cigarette lui sortir de la bouche, par nuages compacts et ourlés. Cela sentait bon. Il nous contait un ou deux mensonges merveilleux, des mensonges dont je me rappelle encore les tenants et ficelles. Puis il reprenait la route, avec sa gueule d’acteur américain, en nous disant que nous étions forts, que nous étions neufs, et qu’il ne fallait croire qu’en nous-mêmes. »

Avec sa manière inimitable, sur le ton de la confidence, Serge Bouchard jette un regard sensible et nostalgique sur le chemin parcouru. Son enfance, son métier d’anthropologue, sa fascination pour les cultures autochtones, pour celle des truckers, son amour de l’écriture.
Parution : 7 février 2012, 232 pages
Code barre : 9782764621103
Collection : Papiers collés

Pour l'évaluation de ce cours...

Comme convenu aujourd'hui, l'évaluation du cours prendra deux formes.

D'abord, comme à l'habitude, vous aurez à remplir un questionnaire de consultation qui a été adapté, dans la mesure du possible, pour tenir compte du format différent de ce cours. Vous pouvez vous rendre à l'adresse suivante
https://www.surveymonkey.com/s/survivreauprogres
pour remplir en ligne ce questionnaire ou le faire sur format papier dès demain. Dans les deux cas, on vous demande de le faire d'ici à mercredi midi.

Ensuite, vous êtes toutes invitées à participer à un groupe focus pour discuter de votre expérience dans ce cours avec la direction de l'Université mercredi, à compter de 11h30, autour d'un repas qui vous sera offert. Vous aurez alors l'occasion d'élaborer davantage à partir de questions qui vous seront posées et qui permettront d'aller plus loin que ce que permettent habituellement les questionnaires utilisés. Votre participation est essentielle à ce processus. Nous vous remercions à l'avance de votre collaboration et de votre temps.
À nos lecteurs anonymes... 

Chers lecteurs, chères lectrices,

Nous avons l'intuition (appuyée par quelques statistiques) que nous sommes lus par d'autres personnes que les personnes inscrites à ce cours. Or, nous aimerions bien avoir vos commentaires (sous ce billet si possible) à propos de cette expérience pédagogique. Nous sommes très curieux de savoir qui a lu les blogues. Bref, que pensez-vous de tout ça?

Les professeurs (curieux)...

Darwins Nightmare

Petit rappel... Ce film sera présenté ce soir à la bibliothèque de l'Université. Tout le monde est invité... Parlez-en à vos amies... Le tout débutera à 19h00.


 

 

À ce soir

Question du jour 11 (mercredi) :

Nous avons commencé au jour 1 avec la question "Qu'est-ce que le progrès?".

Nous vous demandons de revisiter cette question selon les quatre aspects ou échelles suivantes :

- Soi
- Communauté
- Société / Nation
- Humanité
Question du jour 10 (mardi) : Synthèse des conférences

Pour ce billet, nous vous proposons de revenir sur les six conférences à lesquelles nous avons eu la chance d'assister durant le cours. Alors, quel(s) élément(s) constitue(nt) le fil d'ariane, la ligne directrice ou le point commun, que l'on peut saisir en repensant à ces conférences?
Question du jour 9 (lundi) : M. Serge Bouchard

Aujourd'hui nous avons prévu vous posez la question suivante :

En peu de mots (10 lignes ou moins), présentez à la communauté un élément, une image, une idée, un sentiment ou un énoncé qui vous a marqué dans la présentation de M. Bouchard.

N.B. Pour votre billet sur la réflexivité, nous vous incitons à travailler sur votre projet d'engagement.

dimanche 13 mai 2012


La nécessité de l'éthique

Un consensus semble émerger ; nous avons besoin de plus d'éthique pour éviter la catastrophe. À première vue, ce point de vue tombe sous le sens. Mais en regardant le problème de plus près, on se rend compte qu'il serait préférable de parler d'éthique et de valeurs (pas au sens monétaire) en premier. Pourquoi? Tout simplement parce que si catastrophe il y a, si problèmes graves il y a, c'est parce que nous sommes guidés par un écosystème de valeurs qui sont, à quelque part, la cause desdits problèmes. Mais avant d'aller plus loin, je me dois de définir ce qu'est l'éthique.

Qu'est-ce que l'éthique? Question difficile je dois avouer, surtout si je ne veux pas assomer le lecteur avec l'histoire riche de ce domaine. En résumé l'éthique, ou la morale, peut se diviser en deux grandes approches : la déontologie (voir Rousseau, Kant, Rawls, Habermas) et la téléologie (voir Aristote, Bentham, Stuart Mill, Signer). La première approche concentre son attention sur ce qui est bon en soi, la deuxième quant à elle se concentre sur la finalité des actions ou encore sur leurs conséquences, volontaires ou involontaires. La première tend à monter un système promouvant des valeurs ou des vertus jugées bonnes en soi, peu importe les conséquences, la deuxième tend au contraire à se coller sur les conséquences. Bien entendu, parler d'éthique dans un cours portant sur le progrès porte l'esprit à réfléchir sur les conséquences de nos actions, mais également sur les valeurs qui les sous-tendent. Les approches en éthique de l'environnement sont donc généralement conséquentialistes. En somme, l'inquiétude morale soulevée par des notions comme l'anthropocène ou encore par l'entropie des écosystèmes relève des conséquences et non d'une approche déontologique. Mais il est essentiel de nuancer. En effet, il faut se rappeler que jai fait référence à des valeurs dans lintroduction.

Quelles sont ces valeurs à lesquelles je faisais référence en introduction? Transformation de la nature en réservoir de valeurs monétaires. Compétition exacerbée. Fragmentation sociale. Individualisme déconnecté. Raison réduite à sa forme technique et instrumentale pour le contrôle de la nature et des êtres humains. Si ces valeurs engendrent nombre de problème, il s'agirait alors de les renverser pour faire place à d'autres valeurs, anciennes et nouvelles. L'amour devrait être mise de l'avant, c'est le point de départ et le point d'arrivée du processus de renversement des valeurs. L'amour implique aussi l'ouverture et le respect. Ouverture à soi, aux autres, au monde extérieur. Respect pour ce qui nous fait vivre. Par ailleurs, les valeurs du partage et de la collaboration devraient être également au rendez-vous. Un aspect fondamental serait de redonner les lettres de noblesse à la Raison. Porter un regard holistique sur les choses me semble être une condition sine qua non d'un retour à un état de plénitude qui permettrait de mettre au diapason être, action et monde. Ce regard plus ouvert sur le monde permettrait aussi de mettre l'accent sur le commun plutôt que sur les fragments. Il s'agirait par conséquent de repenser le commun pour comprendre que les fragments sont, oui, essentiels, mais les fragments pris isolément n'ont aucun sens. Une voie pour voir le commun : valoriser les relations. Il faut aussi mettre en valeur notre place dans le monde, place dans le sens de territoire. Individuellement et collectivement nous ne sommes pas en mesure de saisir limportance capitale de notre relation intime avec le territoire. Bref, on a appris à être déconnecté du territoire, tandis quil est urgent de reconnaître quil est en nous et que nous sommes en lui. Petit rappel : la déconnection des sociétés contemporaines par rapport aux territoires génère un nombre effarant de conséquences (voir mon billet sur lentropie).

Lintention derrière ce court billet était dintroduire l’éthique et ses courants principaux, du moins dans le monde occidental. Le lecteur ou la lectrice comprendra par conséquent quil ne pouvait pas constituer un panorama exhaustif des différents courants éthiques traversant lhumanité. L'éthique a été l'apanage des religions et de la plupart des courants philosophiques. Or, force est de constater que leurs bonnes idées n'ont malheureusement, ou heureusement, pas pris prise (la notion de prise a été analysée par Augustin Berque - pour résumer nous devons reconnaître les prises que nous avons avec le Réel ; il faut aussi créer de nouvelles prises). Il faut donc renouveler l’éthique, notre éthique, et ce, dans nos valeurs et dans les conséquences de nos actions. Vous en déduirez que ma position éthique relève autant du courant déontologique que du courant téléologique. Il faut sattarder autant aux valeurs quaux conséquences voulues de nos actions.


Simon

Le rôle fondateur mais « invisible » de l'imaginaire social


Chaque humain dispose d’une imagination, mais chaque groupement humain puise aussi à même un imaginaire social partagé. Cette notion est centrale pour comprendre notre monde actuel, et encore plus si on souhaite agir sur lui.

La revue Sciences Humaines a consacré un dossier spécial à cette question dans son numéro de janvier 1999. Je m’en inspire pour écrire les deux paragraphes qui suivent.

Si on tente de résumer ce que les sciences humaines nous ont appris sur l’imaginaire, on retient entre autres que :
  1. L’imaginaire (mythes, légendes, fictions, utopies) n’est souvent pas pris au sérieux par la Raison.
  2. Or, l’imaginaire est partout. Il meuble notre pensée et notre rapport au monde. L’imaginaire social contribue à fonder (ou à instituer) une société, puis à la faire tenir ensemble, à la souder. 
  3. La force de l’imaginaire social peut expliquer le fait qu’il y ait, le plus souvent, une si grande cohérence et correspondance entre les exigences de l’ordre social et les motivations et comportements des individus (le processus de socialisation joue en ce sens un rôle primordial). C’est en s’appuyant sur un imaginaire social collectif (religions, idéologies, projets politiques, représentations sociales), qui sert de référent culturel commun, qu’on peut relier les humains et donner un sens à leurs actions.
  4. L’imaginaire repose sur des structures universelles qu’il faut décoder.

Sachant cela, comment penser le changement dans une perspective macro-sociale ou civilisationnelle?
  1. découvrir d’abord les fondements de l’imaginaire de la civilisation actuelle;
  2. entreprendre le processus de « décolonisation de notre imaginaire » pour être en mesure de penser le monde autrement;
  3. trouver les matériaux (idées mais surtout images) capables de remeubler le nouvel imaginaire qui pourra instituer un projet de société différent.

Pour résumer et pour relier ces connaissances théoriques à la question pratique posée dans ce cours Comment survivre au progrès?, on peut retenir que l’imaginaire social typique de notre civilisation actuelle est certainement peuplé d’idées et d’images comme le progrès, la croissance, le développement, la consommation qui toutes devraient assurer notre bonheur à partir d’une perspective néolibérale. Cet imaginaire est maintenant fortement remis en question par une fraction de plus en plus importante de la population qui lui adresse des critiques à partir de mots-clés comme :
·      progrès = mot-poison
·      fuite en avant
·      pensée unique
·      dictature ou totalitarisme de l’économisme
·      démesure
·      barbarie consumériste
·      croissance de l’agressivité
·      croissance de la rupture (fracture) sociale et augmentation des laissés pour compte
·      effondrement
·      polycrise et polycatastrophe
·      collapse, impasse, déclin
·      désenchantement
·      orientation suicidaire

S’instaure alors les prémisses d’une logique de changement qui utilise un vocabulaire différent fait de mots comme :
·      autolimitation, simplicité volontaire, frugalité
·      décroissance ou a-croissance
·      « prospérité-sans-croissance »
·      impératif catégorique de la transformation
·      inventer l’après-développement
·      transition
·      utopie
·      « faire un pas de côté »
·      conscience d’une « communauté de destin » à l'échelle planétaire
·      principe de précaution
·      principe de responsabilité
·      principe d’espérance
·      Occupy World Street
·      révolution

Voilà pourquoi des agents de changement social ont un important travail de décolonisation de l’imaginaire à faire avant d’espérer jeter les bases d’un monde différent. Inutile d’ajouter que le travail sur l’imaginaire est une tâche extrêmement ardue, mais le comprendre, c’est déjà d’avoir franchi une étape…


Le vol du colibri

Le vol du colibri est une fable inspirée de plusieurs traditions amérindiennes. Il s'agit d'une histoire toute simple, mais qu'il faut savoir lire sur le plan symbolique, en particulier dans le contexte de ce cours. Je vous en offre ici une mise en lecture alors que ce n'est pas mon métier...

 

 

 

Notre dernier invité...

Le sixième et dernier invité dans le cadre de notre cours Comment survivre au progrès? se nomme Serge Bouchard. On le connaît pour son travail d'anthropologue, d'écrivain, d'animateur à la radio de Radio-Canada, de conteur quand il donne la parole aux animaux de notre forêt boréale, ou tout simplement pour son talent à regarder le monde, notre monde avec des yeux qui voient plus loin que le bout de notre nez...

Préparez-vous à entendre quelqu'un de fascinant!

 

Panorama de l'histoire humaine

 

Voici une présentation d'un peu moins de 7 minutes qui trace un panorama de l'histoire humaine à travers trois grandes périodes : les sociétés traditionnelles, modernes et postmodernes. On y voit apparaître l'idée de progrès et on constate ensuite comment elle évolue.

N.B. Je vous suggère de cliquer sur le logo de You Tube en bas à droite de la fenêtre vidéo et de visionner ensuite la vidéo sur You Tube en mode plein écran. Pour une raison que j'ignore, la qualité de l'image (après quelques secondes de délai...) est bien supérieure à celle que vous aurez ici directement sur le blogue.

 

 

jeudi 10 mai 2012

Question du 9 mai


Pour cette dernière journée de la semaine, on vous invite à réfléchir à cette diapositive de la présentation de Rémi ce matin.


Question fondamentale :
Non pas d'où venons-nous, non plus que sommes-nous, ni encore où allons-nous, mais je propose : «Qui sommes-nous?»
À mon  avis, répondre à cette question nous permettra de vivre avec le progrès. Car le progrès ne trouve son sens et ne se comprend que sur la toile de fond du sens à notre existence.

mercredi 9 mai 2012

Tous les humains...

«Tous les hommes naissent libres et égaux en droit, à l'exception de la majorité d'entre eux. Un nombre croissant d'humains sont privés d'eau potable, de nourriture suffisante, d'énergie, de maison, d'hygiène, de médicaments, en un mot : de dignité. Nous appelons cela le "progrès" » (Yves Paccalet)
Surprise générale! Le caméraman s'est parti de lui-même un blogue et s'est mis à discourir sur le progrès!

Vous trouverez sa contribution à la fin de la liste de liens à la droite de ce blogue.

La question du jour...

Quel énoncé parmi ceux qui ont été désignés comme les plus pertinents par le groupe ce matin est le plus important pour vous?  Lequel est le moins important pour vous? Pourquoi?

N.B. Vous pouvez consulter le message contenant les énoncés ci-bas. Ils sont également affichés dans la classe.
Visite d'une classe de philosophie de l'école secondaire de Hearst. Elles et ils ont visionné le documentaire de Mathieu Roy. Nos étudiantes voulaient discuter avec elles et eux.

Résultat : le cercle s'est agrandi.


Activité d'intégration des acquis en ce beau mercredi ensoleillé...

À la mi-semestre, quelles sont les idées et les notions importantes pour le groupe?







The Fabric of the Cosmos de Brian Greene

Les idées de M. Helfand étaient fascinantes et très informatives. Si jamais vous êtes intéressées par les idées des physiciens - que je nomme les nouveaux philosophes, je vous invite à visionner ce documentaire en quatre parties. Brian Greene y synthétise les idées écrites dans son ouvrage The Fabric of the Cosmos. Le documentaire est très bien fait et les idées exotiques des physiciens y sont très bien vulgarisées. Alors, bienvenue dans le monde de l'infiniment petit, la physique quantique, et le monde de l'infiniment grand, la cosmologie.

Simon







mardi 8 mai 2012

Place à d'autres discours...

«On devrait toujours écouter les gens qui donnent des conseils. C'est souvent tout ce qu'ils ont à donner. Et cela forme contraste avec ce que l'on fera.»
«Je veux bien donner la chance au coureur... pourvu qu'il courre!»

«J'entretiens un doute sérieux sur celui qui ne doute pas!»

«Le risque de croire vaut bien le confort du fatalisme».

«[...] Il est souvent trop tôt pour dire : Il est trop tard!»

«Certains esclavages d'aujourd'hui ont de telles apparences de liberté que l'on peut s'être habitués aux chaînes avant de les découvrir».

Extraits tirés de Gilles Vigneault, L'apprenti sage, 2008.